La texture
LA TEXTURE
Proposé par : Fidel-Leger
La nature même du regard que nous posons sur une œuvre fait naître des questionnements, que ce soit sur ses formes génériques, que sur sa texture. Interroger la texture dans une œuvre reviendrait dans ce cas à réévaluer sa composition plastique, son message et sa valeur émotive.
S’il nous est permis aujourd’hui de reconnaitre la fonction d’une œuvre par sa forme, il faut encore plus se référer à sa texture, qui véhicule un message et une émotion.
Un message ne peut véritablement atteindre sa cible que s’il est aisément interprétable et réinscriptible en une codification imagée connue. Le message se doit donc d’être limpide, d’où la subtilité dans le choix des expressions. C’est pourquoi, attribuer une identité à une œuvre, ou mieux encore transformer une œuvre en message, suppose une connaissance claire des codes (teinte, agencement, symbole, signalétique). A cela, il ne faudrait pas oublier les interactions avec les éléments climatiques et atmosphériques. Jouer d’une conciliation entre lumière et texture, pourrait ou non donner une emphase ou une certaine ambigüité au message véhiculé. En effet, une lumière ou une ombre qui s’étale sur une couleur donne des expressions métalinguistiques différentes.
Une texture, comme un volume crée à chaque jeu alterné d’ombre et de lumière, une variation dans sa perception globale. En effet, elle peut soit égailler ou attrister lorsqu’elle décide de ne pas s’exprimer dans une neutralité complète. C’est le cas des façades miroirs dont la texture s’éclipse derrière cette confrontation entre l’environnement et lui-même. Le retour ici s’affirmerait, comme une rupture en absence d’un interlocuteur, plus proche d’un sondage intérieur. En un monologue.
Nous comprenons donc ici, qu’une façade interroge la ville et ses habitants. Ouvre un dialogue permanent entre la rue et l’édifice. Etablissant de ce fait une situation de communication d’où peuvent émerger des expressions stylistiques diverses, et que nous considérons comme un élément fondamental, à tout exercice de matérialisation d’une idée projetée.